GHK-Cu ou AHK-Cu : comparaison de deux peptides de cuivre
Gly-His-Lys et Ala-His-Lys complexés au cuivre(II) : structure, masse, coordination, couleur, solubilité et analyse comparées des deux peptides cuivrés.
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Le GHK-Cu et l’AHK-Cu sont les deux peptides de cuivre les plus étudiés. Ils ne diffèrent que d’un résidu, mais cette petite différence suffit à les distinguer analytiquement. Comparaison point par point.
Deux tripeptides, un résidu d’écart
| GHK-Cu | AHK-Cu | |
|---|---|---|
| Séquence | Gly-His-Lys | Ala-His-Lys |
| Formule (complexe 1:1) | C14H22CuN6O4 | C15H24CuN6O4 |
| Masse molaire | 401,9 g/mol | 415,9 g/mol |
| Ligand libre | 340,4 g/mol | 354,4 g/mol |
| Écart | — | +14 Da (un CH2) |
Le seul changement est le premier résidu : une glycine (H en chaîne latérale) pour le GHK, une alanine (méthyle) pour l’AHK. L’alanine rend l’AHK un peu plus hydrophobe ; en HPLC phase inverse, il sort légèrement après le GHK.
La coordination du cuivre
Dans les deux cas, le cuivre(II) est lié par l’amine N-terminale, l’azote amide de la liaison peptidique suivante (déprotoné) et l’imidazole de l’histidine. Ce motif dit « ATCUN-like » forme un complexe plan très stable. La lysine C-terminale, elle, reste libre et chargée. La chimie de ces complexes est développée dans Complexes cuivre(II)–peptide.
Conséquence pratique : la formule du complexe perd deux hydrogènes par rapport au ligand libre (les deux protons cédés lors de la coordination), et gagne un atome de cuivre.
Couleur et aspect
Les deux complexes sont bleus. La poudre lyophilisée va du bleu vif au bleu-violet, la solution du bleu clair au bleu soutenu selon la concentration. Une poudre blanche ou à peine teintée signale un ligand peu ou pas complexé ; une teinte verdâtre peut traduire un excès de cuivre libre ou un autre contre-ion.
Solubilité et stabilité
Très polaires, les deux complexes sont solubles dans l’eau à plusieurs dizaines de milligrammes par millilitre. En solution, ils sont stables à pH proche de la neutralité ; en milieu acide (pH < 4), le cuivre se dissocie progressivement. Évitez donc l’eau acidifiée pour ces peptides (voir Eau acidifiée à l’acide acétique) ainsi que les tampons chélatants (EDTA, citrate concentré).
Analyse
- HPLC : le complexe peut se dissocier partiellement dans une phase mobile à 0,1 % de TFA ; on observe alors le ligand libre. Les rapports indiquent souvent la pureté du peptide, pas du complexe.
- MS : selon les conditions, on voit l’ion du complexe ou celui du ligand. Le massif isotopique du cuivre (⁶³Cu / ⁶⁵Cu, environ 69/31) est une signature sans ambiguïté.
- Teneur en cuivre : par absorption atomique ou ICP, pour vérifier le ratio 1:1.
Lequel choisir pour une étude ?
Le choix dépend de la question posée, pas d’une hiérarchie. Le GHK-Cu dispose d’une littérature beaucoup plus abondante, ce qui facilite la comparaison avec des données publiées. L’AHK-Cu est utile comme analogue structural pour étudier l’influence du premier résidu. Pour séparer l’effet du cuivre de celui du peptide, le ligand libre GHK (tripeptide-1) sert de témoin non complexé.
Formats
Le GHK-Cu est disponible en 50, 100 et 200 mg ; l’AHK-Cu en 50, 100 et 150 mg, dans la famille des peptides de cuivre. Le dérivé palmitoylé sans cuivre, Pal-GHK, est classé parmi les peptides cosmétiques.