Calculer la concentration d’une solution mère (mg/mL et µM)
Volume de solvant pour une concentration cible, conversion en molarité, prise en compte de la teneur et de la pureté, dilutions en série : les calculs avec exemples.
Publié le · 3 min de lecture
Une concentration fausse fausse tout ce qui suit. Pour les peptides, l’erreur la plus fréquente ne vient pas de la pipette mais du calcul : on oublie la teneur réelle, on confond masse et molarité, ou on dilue en une seule étape un facteur de mille. Voici les calculs, avec des exemples.
1. Concentration massique : le volume de solvant
volume (mL) = masse de peptide (mg) ÷ concentration visée (mg/mL)
Exemple. Un flacon de KPV de 10 mg, pour une solution à 2 mg/mL : 10 ÷ 2 = 5 mL de solvant.
Pour un flacon de 5 mg à 1 mg/mL : 5 mL. Pour 20 mg à 5 mg/mL : 4 mL.
On dissout tout le contenu du flacon plutôt que de peser une fraction de poudre, trop imprécis à l’échelle du milligramme (voir Teneur nette en peptide).
2. Tenir compte de la masse réelle
Si le rapport du lot indique un contenu mesuré (par exemple 10,21 mg pour un flacon de 10 mg), utilisez cette valeur. Si seules la teneur nette et la pureté sont connues :
masse de peptide cible = masse étiquetée × teneur nette × pureté HPLC
Avec 10 mg, une teneur de 85 % et une pureté de 99 % : 8,42 mg. Pour 2 mg/mL, il faut alors 4,2 mL et non 5 mL.
3. De la masse à la molarité
concentration (mM) = concentration (mg/mL) ÷ masse molaire (g/mol) × 1 000
Exemple. KPV à 2 mg/mL, masse molaire 342,4 g/mol : 2 ÷ 342,4 × 1 000 = 5,84 mM.
Exemple. GHK-Cu à 10 mg/mL, masse molaire 401,9 g/mol : 24,9 mM.
Exemple. Thymosine α1 à 1 mg/mL, masse molaire 3 108,3 g/mol : 0,322 mM, soit 322 µM.
Utilisez la masse molaire du peptide neutre donnée par la fiche, appliquée à la masse réelle de peptide (étape 2). Utiliser la masse du sel ou la masse de poudre conduit à surestimer la molarité.
4. Dilutions en série
Pour passer d’une solution mère concentrée à une gamme de travail, on dilue par étapes de 10 plutôt qu’en un seul facteur de 1 000 :
C1 × V1 = C2 × V2
| Étape | Prélèvement | Complément | Concentration |
|---|---|---|---|
| Solution mère | — | — | 1 mM |
| 1 | 100 µL | 900 µL | 100 µM |
| 2 | 100 µL | 900 µL | 10 µM |
| 3 | 100 µL | 900 µL | 1 µM |
Chaque étape garde des volumes pipetables avec précision (au-dessus de 10 µL), et l’erreur reste maîtrisée.
5. Vérifier plutôt que supposer
Pour les peptides contenant tryptophane ou tyrosine, la concentration réelle se mesure par absorbance à 280 nm, avec la loi de Beer-Lambert :
c (M) = A280 ÷ (ε × l)
où ε = 5 500 × (nombre de Trp) + 1 490 × (nombre de Tyr) + 125 × (nombre de ponts disulfure), en M⁻¹·cm⁻¹, et l = 1 cm. Voir Détection UV à 214 et 280 nm.
6. Étiqueter
Chaque tube doit porter : nom du peptide, numéro de lot, concentration (en mg/mL et en molarité), solvant, date, initiales. Une solution sans étiquette complète est une solution perdue.
Récapitulatif
| Je veux | Formule |
|---|---|
| Le volume de solvant | masse ÷ concentration visée |
| La molarité | (mg/mL ÷ g/mol) × 1 000 = mM |
| Une dilution | C1 × V1 = C2 × V2 |
| La masse réelle | masse × teneur × pureté, ou contenu mesuré du lot |
La préparation pratique est décrite dans Mettre en solution un peptide lyophilisé, et le choix du solvant dans Eau bactériostatique : composition et usage.
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