Analyser un mélange lyophilisé : KLOW, GLOW et BPC-157 + TB-500
Comment vérifier la composition d’un flacon multi-peptides : séparation HPLC, identité MS de chaque composant, quantification relative et pièges des mélanges.
Publié le · 3 min de lecture
Un flacon de mélange contient plusieurs peptides lyophilisés ensemble, dans des proportions déclarées. Pour le chercheur, c’est pratique ; pour l’analyste, c’est un défi : il faut prouver que chaque composant est présent, qu’il est le bon, et dans la bonne proportion.
Les mélanges du catalogue
| Mélange | Composition déclarée par flacon | Total |
|---|---|---|
| BPC-157 + TB-500 | 5 + 5 mg, ou 10 + 10 mg | 10 ou 20 mg |
| GLOW | GHK-Cu 50 mg, BPC-157 10 mg, TB-500 10 mg | 70 mg |
| KLOW | GHK-Cu 50 mg, BPC-157 10 mg, TB-500 10 mg, KPV 10 mg | 80 mg |
| CJC-1295 + ipamoréline | 5 + 5 mg | 10 mg |
| Semax + Selank | 10 + 10 mg | 20 mg |
Étape 1 : séparer les composants
En HPLC phase inverse, les composants doivent sortir en pics distincts. L’ordre d’élution suit leur hydrophobie :
- pour KLOW : GHK-Cu et KPV (très polaires) en début de gradient, puis le TB-500 (court mais avec Leu et Lys), puis le BPC-157 ;
- pour CJC-1295 + ipamoréline : l’ipamoréline, petite mais très hydrophobe (naphtylalanine), puis le peptide de 29 résidus ;
- pour Semax + Selank : le Selank (basique, polaire) avant le Semax.
Les peptides de cuivre posent un problème particulier : en phase mobile acide, le complexe se dissocie, et l’on voit le ligand GHK, pas le complexe (voir Complexes cuivre(II)–peptide).
Étape 2 : identifier chaque pic
La spectrométrie de masse attribue chaque pic à un composant :
| Composant | Masse moyenne | Ion ESI attendu |
|---|---|---|
| GHK (ligand du GHK-Cu) | 340,4 | [M+H]⁺ ≈ 341,2 |
| KPV | 342,4 | [M+H]⁺ ≈ 343,2 |
| TB-500 | 889,0 | [M+2H]²⁺ ≈ 445,3 |
| BPC-157 | 1 419,6 | [M+2H]²⁺ ≈ 710,4 |
Attention : GHK et KPV ont des masses voisines (340 et 342) mais se distinguent sans ambiguïté en haute résolution et par leur temps de rétention.
Étape 3 : vérifier les proportions
La pureté globale d’un mélange n’a pas grand sens. Ce qui compte :
- la pureté de chaque composant (aire de son pic par rapport à ses propres impuretés) ;
- le ratio entre composants, qui demande une quantification contre des étalons individuels : deux peptides de même masse n’ont pas la même réponse UV.
Un rapport de mélange sérieux indique donc, pour chaque composant, son identité, sa pureté et, quand le laboratoire le mesure, sa quantité.
Les pièges des mélanges
- Réponses UV différentes : à 214 nm, la réponse dépend du nombre de liaisons peptidiques et des résidus aromatiques. Comparer les aires brutes ne donne pas le ratio massique.
- Interactions : à forte concentration, certains peptides co-précipitent ou s’associent.
- Stabilité différente : en solution, chaque composant se dégrade à sa propre vitesse. Le composant le plus fragile fixe la durée de conservation du mélange en solution.
- Cuivre : dans GLOW et KLOW, le cuivre du GHK-Cu peut, en solution, interagir avec les autres peptides à histidine. Ce n’est pas le cas du BPC-157, du TB-500 ni du KPV, qui n’en contiennent pas.
Mélange ou flacons séparés ?
Un mélange garantit une proportion constante et simplifie la préparation. Des flacons séparés permettent de faire varier les proportions et d’étudier chaque composant isolément. Les composants des mélanges du catalogue sont tous disponibles seuls : BPC-157, TB-500, GHK-Cu, KPV.
Pour la lecture des chromatogrammes, voir HPLC en phase inverse ; pour la famille complète, Mélanges.
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